Cette question semblera sans doute absurde ou saugrenue à toutes celles et à tous ceux qui sont persuadés que la mondialisation a déjà fait de nous des citoyens du monde.
C’est la thèse d’Ulrich Beck ( « Qu’est-ce que le cosmopolitisme ? »)qui considère que la mondialisation est une cosmopolisation,que la réalité est d’ores et déjà cosmopolite. . Pour le dire vite et brièvement : les grandes villes ( exemple) seraient de véritables « Maisons du Monde » , où se côtoient des personnes venant de tous les pays du monde, où les magasins offrent des produits venant venat d’Asie, d’afrique , d’Amérique latine etc.., où les restaurants permettent de goûter aux cuisines les plus exotiques..
En réalité les « cosmopolisés » que nous sommes sont à cent lieues d’être des citoyens du monde. Consommateurs, producteurs, victimes ou bénéficiaires de cet ordre du monde qui n’est que l’expression d’un capitalisme qui a besoin, pour suivre sa dynamique , de s’étendre sur la planète toute entière, oui. Mais pas citoyens.
Etre citoyen c’est , par sa pensée et ses actes , participer à l’organisation du monde dans lequel on veut vivre ( ou où l’on vit)
Le monde , pour un français, c’est la France, pour l’allemand, l’Allemagne etc..pour le citoyen du monde, le monde , c’est-àdire un projet qui ne peut se réaliser qu’à la seule condition que participent à ce projet tous les êtres humains considérés comme des citoyens.
C’est ce choix que j’ai fait , en guise de réponse aux questions que me posais sur ma vie, questions de nature éthique .Il m’a semblé la meilleure réponse que je pouvais donner à la question « quelle est la meilleure façon de mener ma vie « ( le temps qu’il mes reste à vivre ): être un citoyen du monde.
Pourquoi la meilleure ? Parce qu’elle prend acte du fait qu’il m’est impossible ( et à tout un chacun) de réaliser mon humanité en dehors d’un monde qui fait place à tous les êtres humains ( voire à tous les êtres vivants), et qu’un monde ne peut qu’être un projet collectif s’il veut être humain.
A certains moments de ma réflexion j’ai pensé à ce que les psychologues appellent la « décentration », cette capacité de « sortir de soi » pour se mettre à la place d’autrui. Autrui , dans ce cas, ce sont tous les êtres humains.
Etre cosmopolite , c’est s’ouvrir à autrui, s’ouvrir aux mondes des autres , et tenter d’inventer ensemble un monde qui nous permettrait de vivre en accord, de vivre accordés.
